
Un problème de santé peut survenir sans prévenir, alors que le médecin traitant n’est pas disponible. Pour mieux organiser ces situations, plusieurs dispositifs se complètent : les soins non programmés (SNP), le Service d’accès aux soins (SAS) et, sur le terrain, les CPTS (Communautés Professionnelles Territoriales de Santé). Dans le Rhône, autour de Lyon, des acteurs libéraux structurés comme AEL69 participent aussi à la réponse en ville.
Repère sécurité : en cas de détresse vitale (douleur thoracique intense, gêne respiratoire majeure, signes d’AVC, hémorragie importante, perte de connaissance…), appelez le 15 (ou le 112). Le reste concerne les situations non vitales.
Soins non programmés (SNP) : définition et enjeux
Les SNP correspondent à une demande de soin qui ne relève pas d’une urgence vitale, mais qui nécessite un avis rapide. L’objectif : éviter l’errance, sécuriser l’orientation des patients et limiter les passages aux urgences quand un avis en ville est suffisant.
Un repère fréquent : consultation souhaitable sous 48 heures
Dans l’organisation des soins, les soins non programmés sont souvent associés à une prise en charge souhaitable dans un délai court (souvent évoqué autour de 48 heures) pour une urgence non vitale. Ce délai reste un repère : il dépend des ressources disponibles et de la situation (période épidémique, week-end, tension locale).
Pourquoi distinguer SNP et urgences ?
Les urgences hospitalières priorisent les situations graves. Les SNP visent, eux, une réponse coordonnée en ville (ou via des structures de soins de premier recours), pour améliorer la continuité des soins et la qualité et sécurité des soins.
Service d’accès aux soins (SAS) : orienter vers la réponse adaptée
Le SAS vise à faciliter une réponse coordonnée aux demandes de soins, en particulier lorsqu’elles passent par la régulation médicale. L’enjeu est d’aider à trouver la solution la plus pertinente : conseil, consultation en ville, structure adaptée, ou urgences si nécessaire.
Régulation médicale : évaluer et sécuriser
La régulation médicale apprécie le niveau de risque, repère les signes de gravité et propose une orientation. Pour les demandes non vitales, cela peut conduire à une consultation rapide si le contexte le permet.
Outils et créneaux : un appui, pas une garantie
Selon les territoires, des outils peuvent donner de la visibilité sur des créneaux de consultation en ville. Le fonctionnement varie : l’outil soutient l’organisation, mais ne remplace ni l’évaluation clinique ni la réalité de l’offre disponible.
CPTS : la coordination territoriale au service des SNP
Une CPTS rassemble des professionnels de santé qui choisissent de travailler en exercice coordonné à l’échelle d’un territoire. Son rôle est organisationnel : rendre les circuits plus lisibles, faciliter les relais, et renforcer la coopération entre professionnels et partenaires.
Une mission centrale : améliorer l’accès aux soins, dont les SNP
Les CPTS peuvent porter des actions pour améliorer l’accès à un professionnel, contribuer à la prise en charge des soins non programmés (SNP), structurer des parcours de soins et renforcer la coordination interprofessionnelle.
Concrètement : quel est le rôle des CPTS soins non programmés ?
La valeur ajoutée d’une CPTS n’est pas de “faire des rendez-vous”, mais de structurer une réponse territoriale plus cohérente et soutenable.
1) Identifier les besoins locaux et cartographier les ressources
Une CPTS peut analyser les zones en tension, les horaires difficiles, les motifs fréquents et les ressources mobilisables : médecins généralistes, infirmiers, pharmaciens, kinésithérapeutes, sages-femmes, structures de soins coordonnés, etc. Cette cartographie aide à bâtir des circuits réalistes (urbain, périphérie, mobilité).
2) Structurer des modalités de prise en charge : créneaux, relais, règles simples
Selon les choix locaux, la CPTS peut contribuer à :
- Recenser des créneaux de consultation dédiés aux SNP.
- Clarifier les critères d’orientation (motifs, âges, signaux d’alerte).
- Organiser des relais vers le bon professionnel.
- Prévoir un circuit de réorientation si aggravation.
Point de vigilance : il s’agit d’une amélioration organisationnelle, sans promesse de délai ni substitution à l’évaluation médicale.
3) Fluidifier l’articulation CPTS – SAS
Lorsque l’organisation territoriale le permet, la CPTS peut clarifier les interfaces avec le SAS : qui contacte qui, comment identifier un créneau, quelles informations transmettre, comment limiter les pertes de temps. L’efficacité repose souvent sur des procédures courtes, partagées et régulièrement ajustées.
4) Renforcer la sécurité : messages communs et amélioration continue
La coordination touche aussi à la qualité :
- Rappeler les signaux d’alerte et les situations qui imposent une réévaluation.
- Harmoniser les consignes données au patient.
- Partager des retours d’expérience et ajuster l’organisation (indicateurs, suivi).
Focus Rhône / Lyon : place d’AEL69 dans l’écosystème des SNP
Dans le Rhône, la réponse aux SNP repose sur une combinaison d’acteurs. D’après votre présentation, AEL69 regroupe des professionnels de santé libéraux engagés dans la réorientation (refiliarisation) de patients ayant contacté le SAS du Rhône pour une demande ne relevant pas d’une urgence vitale.
AEL69 organise des orientations vers la médecine générale du lundi au dimanche, de 8h à 23h30, sous conditions (droits de sécurité sociale ouverts). Le bénéficiaire ne choisit ni le médecin ni l’horaire, et l’orientation privilégie généralement le professionnel participant le plus proche du domicile. L’objectif est de faciliter une prise en charge rapide en ville, dans un cadre coordonné.
À l’échelle du territoire, la lisibilité repose sur des rôles complémentaires :
- SAS : soutien à l’orientation des patients et à la régulation.
- CPTS : coordination territoriale et structuration des circuits.
- Acteurs libéraux organisés (dont AEL69) : mise en œuvre opérationnelle de prises en charge.
Bénéfices attendus
Pour les patients
Une meilleure coordination peut réduire l’incertitude, améliorer la lisibilité du parcours et orienter plus vite vers le bon niveau de soins, tout en rappelant les situations qui relèvent de l’urgence vitale.
Pour les professionnels et le système
Des circuits partagés peuvent limiter les appels multiples, clarifier les relais et contribuer à une meilleure utilisation des ressources, en évitant des passages aux urgences quand un avis en ville est approprié.
Questions fréquentes sur les CPTS, SNP et SAS
Qui peut bénéficier des soins non programmés (SNP) ?
Toute personne avec un besoin de soin non vital mais nécessitant un avis rapide peut relever des SNP. La décision dépend du motif et de l’évaluation du risque.
“Sous 48 heures”, est-ce automatique ?
Non. C’est un repère d’organisation, pas une garantie. Le délai dépend de l’offre de soins et du niveau de tension au moment de la demande.
Différence entre SAS, CPTS et PDSA ?
Le SAS aide à orienter la demande ; la CPTS structure la réponse territoriale ; la PDSA concerne la permanence des soins ambulatoires sur des plages spécifiques selon l’organisation locale.